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Amor, à mort ...
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Amor, à mort ...
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Carl
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C'était une belle journée qu'allait bercer le soleil froid de l'hiver, dans les contrées nordiques sur lesquelles Carl règne en maitre. Une journée de dur labeur, de cris, de rires, de sueur ... Une journée comme il en existe tant d'autres au volcan, endroit presque civilisé, surtout si on le compare au reste des terres du nouveau monde.

Aux aurores, comme toujours Carl travaille. Il trie des relevés, prend des notes, il est tellement concentré à administrer la communauté qui sommeille encore, qu'il en est presque coupé du monde.
Qui va faire quoi, qui prendra quoi. Le déchargement ne se passe pas aussi vite qu'il l'aurait souhaité, et l'ennui se fait sentir. La tache est répétitive au possible.

Les lumières du jour commencent à caresser les flancs rugueux du volcan... dans un silence presque complet.

Sur le flanc nord, un bruit sourd se fait entendre. Puis plus rien.
Parfois les chevaux franchissent les barrières des enclos et chutent contre les pics acérés des installations défensives du volcan. Ce ne serait pas la première fois qu'un animal se fasse la belle après qu'un lapin géant ne l'ai effrayé.

Calmement, Carl repasse le long de ses logements. La porte est entrouverte, comme rarement en hiver. Nul besoin de laisser plus d'air entrer que ce que les tôles ne permettent déjà. Il engage sa tête dans l’entrebâillement, pour y découvrir sa couche, vide. Baya, sa douce, la seule à savoir lui rendre vigueur jusqu'à lors, aurait du y dormir. Leur amour , presque platonique, s’accommodait assez bien de ces disparitions nocturnes. Elle était libre, elle était sienne. Elle avait du retourner à ses appartements.

Retour vers le flanc nord, pour voir combien de bêtes avaient pu se perdre dans la nuit. Une petite idée germe dans le crane luisant du Roi. De ses idées qui vous pénètrent, sont lointaines, puis de plus en plus proche, plausibles, probables...sans le vouloir, il presse le pas, puis il se met à courir.

Il arrive à la clôture nord. Elle n'a pas cédée, mais elle aurait pu être enjambée sans doute, franchie par un chameau trop imprudent.

Il bondit, comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps. La petit idée est devenue une crainte. Une peur, une certitude. Il est presque au promontoire, une boule de salive refuse de quitter sa gorge contrite. Il avance encore, se penche. La certitude est devenue un fait.

Sur les pieux, empalés en contrebas, le corps de Baya git.

Sur le sol, sous une pierre, un petit mot,  court, presque laconique, lui est adressé.


" ... Carl. 
... Je suis enceinte. " 
 
 
 
 
 
" Tá mé saor in aisce. "

Un cri de douleur muet sort de sa gorge. Il voudrait hurler sa douleur, il n'y arrive pas. Ses mains se referment sur la roche noire, étreignant la poussière. Sur ses joues, une rivière de larmes ...
Ven 30 Mar - 15:34 (2012)
Sharon
Invité

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Bien plus tard, des hommes et des femmes, chargées de matériel, le visage concentré sur l’effort, gravissaient les pentes abruptes du volcan. Le sentier était étroit et sinueux. Mieux valait se mettre en file indienne et se coller à la paroi. Le vent glacial semblait vouloir les pousser dans le vide. De gros flocons tourbillonnaient autour d’eux.

John avait pris la tête de la procession, il connaissait le chemin. Les autres avaient suivis en silence, économisant leur force, se préparant à la marche. Les Shangrai-Lais parmi eux ne faisaient pas les fiers. Certains même se demandaient si ce n’était pas un sinistre piège pour les fatiguer, puis les égorger dans la montagne avant de balancer leur cadavre dans le vide… En fait, c’était surtout une qui ressassait de telles pensées.

Elisabeth, en bonne représentante de Shangri-La et chef du groupe, avait pris la seconde position dans la procession. Il fallait donner l’exemple, montrer que si une vieille femme comme elle pouvait le faire, ils le pouvaient tous ! En vérité, c’était à cause de Sidonie. La jument d’Aglaë. La peur quasi irrationnelle de Lanthane pour ce genre de grandes bestioles l’avait contaminée. Elisabeth soupçonnait la monture de manger de la viande humaine, ce qui, pour elle, ne serait pas étonnant vu la réputation des habitants de cette région. Et malheureusement, pour Elisabeth, Sidonie avait une bonne mémoire. Aglaë l’avait confié à Elisabeth, Sidonie s’appliquait donc à suivre Elisabeth à la trace. La Shangri-Laise, quand à elle, penchait pour la version contraire : Aglaë avait confié Elisabeth à Sidonie, du genre : « Lâche pas la vieille d’une semelle, si elle te parait louche, bouffe-la. ».

C’est ainsi qu’Elisabeth, déjà épuisée par son périple des 15 dernières lunes, tentait de tenir le rythme de John, alors que Sidonie avançait derrière elle.


« A quoi bon échapper à la Marabunta si c’est pour mourir de froid dans une montagne perdue sur une île perdue, avec un cheval cannibale qui guette la moindre de tes faiblesses, hein ?»

Grognait-elle à voix basse sous sa couverture.
Lun 2 Avr - 23:17 (2012)
Amidata
Invité

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Après des lunes à parcourir des dunes de sable, inconfortablement installée dans le coffre du land rover. Assise sur des jerrycans de gasoil, avec l'interdiction de fumer ses joints à cause du risque d’inflammation.
Après une traversée chaotique sur les eaux déchaînées des mers du nord. A gerber ses tripes en se retenant au bastingage d'un vieux rafiot crachant une épaisse fumée noire.

Voilà maintenant que la petite rasta se retrouvait à crapahuter sur un chemin escarpée, au flanc d'un volcan, en pleine tempête de neige...
Décidément, rien ne lui aura été épargné durant cet exode shangri-lais.

La petite repensait à la douceur du dernier été passé dans la grande citée du sud. Au calme et à la joie de vivre qui y régnait. Au chant des oiseaux migrateurs, qui venait pour se reproduire dans les marais. Aux coassements des grenouilles. Aux ploufs des différents poissons qui peuplaient les eaux des marais, quand ils chassaient les insectes qui s'étaient posés sur l'eau.
...
Que ce temps où tout était calme, lui paraissait loin déjà. Déjà quinze lunes que le petit groupe avait dut fuir leur paisible cité, sous la menace pirato – mexicaine. Quinze lunes, d'une fuite effrénée, à observer l'horizon par la vitre arrière du quatre quatre, à vérifier qu'aucun nuage de poussière ne les poursuivait.
Quinze lunes, déjà. Presque une éternité pour la jeune rasta.

Grelottant de tout son corps. Tremblant comme une feuille, sous l'effet d'une forte bise. Amidata, en queue de cortège, avançait sans dire un mot, en suivant les pas du grand guerrier viking, qui leur servait de guide.
Il faut dire qu'elle n'avait pas envie de se prendre une mandale par le colosse, pour s’être plaint, et encore moins de se faire trouer la peau par une des bastos de son arme à feu.
Mais bordel, ce qu'elle pouvait se geler.

Elle accèlera un peu sa marche pour venir se placer aux cotés de Lanthane et lui demanda à voix plus ou moins basse.


Dis Grand Sista. Tu crois qu'on arrive bientôt ?
Mar 3 Avr - 16:53 (2012)
Bernard
Les irréductibles

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Inscrit le: 02 Sep 2011
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Il neigeait. Perdu dans ses pensées cocainées, Bernard suivait la file indienne qui gravissait lentement le sentier creusé par d'incessants aller-retours entre le volcan et les quelques bateaux qui osaient s'aventurer sur la côte. Il connaissait le trajet par coeur. Sans prêter attention aux roches escarpées recouvertes d'une neige grisâtre, ni à ses camarades pour la plupart essoufflés et transis de froid, Bernard laissait remonter ses souvenirs à mesure qu'il progressait vers les sources d'eau chaude du volcan.

Un an s'était écoulé depuis son départ d'Eyjafjallajökull qui n'était à l'époque qu'une minable cabane assise sur un volcan. Un an et leur base arrière n'avait toujours pas brulé. Un miracle. Mais sa douloureuse expérience post-crash l'avait rendu méfiant. La perspective de l'invasion barbare venue du sud était peu probable, mais une éruption pouvait toujours réduire à néant leurs efforts et les forcer à migrer encore plus au nord. Il pouvaient aussi tous s'entretuer. Et c'était de loin l'hypothèse la plus probable, comme l'annonçait l’exécution du rouge par la peste brune.

L'organisation d'une grosse fête allait peut-être mettre à plat les querelles idéologiques, à condition bien sur que les faucheuses ne prennent pas ce burning man un peu trop à la lettre. Le festival tombait bien pour Bernard, il allait profiter de l'agitation des festivités pour passer inaperçu. Après le viol de Sybille, il s'était efforcé de faire profil bas. Un an plus tard, il espérait que l'eau avait coulé sous les ponts et que personne ne lui tiendrait rigueur.

Il lui faudrait cependant se méfier de quelques vieilles connaissances. Outre d'anciens compagnons qu'il avait du froisser d'une façon ou d'une autre, il y avait Lestat, cet homme étrange croisé dans le désert avec Taylor et la guenon. Leur dernière rencontre s'était si mal passée que l'homme avait promis la mort du trio infernal. Prudence et hypocrisie serait donc de rigueur pour ne pas ranimer les vieilles rancoeurs.

Lui même n'évoquerait pas le meurtre de la guenon qui avait enflammé le volcan, pendant qu'il se la coulait douce sur le vapeur. Counchitta, ce drôle d'animal constamment shooté, avait un don naturel pour pousser à bout les humains. Et la garce n'avait pas raté son coup en défiant les dirigeants du volcan qui, excédés par ses innombrables frasques, avaient fini par perdre patience. Sa disparition, après toutes ces lunes d'errance en sa compagnie, avait touché Bernard plus qu'il ne l'aurait imaginé. Mais il ne piperait mot pour ne fâcher personne.

La vie était faite de compromis plus ou moins agréables et Bernard en avait fait des bien pires pour survivre en compagnie des basterds. Il allait donc faire ce qu'il avait toujours fait : Fermer sa gueule, raser les murs et rester sur ses gardes. Et peut-être, si on le laissait faire, si l'occasion se présentait, trouverait-il une victime plus ou moins consentante à livrer à Taylor. Un pauvre type noyé dans son vomi dont personne ne se souciait. Ou une gamine sans défense qu'il capturerait lorsque la fête battrait son plein, puis ramènerait au vapeur un petit matin sans éveiller les soupçons. Les gens disparaissent si facilement dans la confusion d'une fiesta.
Mar 3 Avr - 23:25 (2012)
John
Les irréductibles

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Localisation: Techno-Valhalla

Message Amor, à mort ... Répondre en citant
La mer, la mer, la mer, encore la mer. Ca avait été son quotidien, son hebdomaire, son mensuel ! pendant une durée qu'il ne pourrait pas déterminer. Alors la vue du volcan à l'horizon l'avait rempli de joie, d'excitation, d'enthousiasme. 


Après avoir quelque peu parlé avec les personnes présentes sur la rive au sud d'Eyjafjallajökull, ils avaient entreprit l'ascension du mont. Pas une mince affaire, la pente montait sec et ils n'avaient pas prévu de chaussures de montagne ces va-nu-pieds ! Au début ils étaient tous bien motivés et avançait assez rapidement. Mais c'était bien là le piège. Il fallait plutôt se préserver pour tenir la cadence tout au long du trajet. A mi-chemin, le grand blond tenant Sleipnir par la bride, torse nu comme d'habitude, s'arrêta sur le côté pour vérifier qu'on le suivait bien. Il était en pleine forme, ce qui ne semblait pas être le cas de tout le monde. Les UBP présents dans le lot étaient restés en arrière pour fermer la marche et pousser les autres à poursuivre leurs efforts. Il vit avec étonnement que c'était l'ex-administratrice de Shangri-La qui se positionnait derrière lui. Elle ne lâchait rien, ne se reposait pas sur ses acquis et montrait l'exemple. Ne jamais sous-estimer une personne blessée dans sa fierté. Elle avait l'air dérangée, regardant de temps en temps en arrière, vers Sidonie. Il ne comprit pas le problème et ne s'en n'occupa pas plus que ça.


Venait ensuite Amidata. Il l'avait repéré, une femme qui semblait être assez volontaire. Un bon point pour elle. Elle était déjà plus bavarde que les derniers Shangri-lais qui trainaient au fond.


Quand les deux femmes arrivèrent à sa portée, il leur fit signe de s'arrêter.


On va faire une petite pause, j'sens que vous êtes fatigués et ça servirait à rien d'continuer comme ça.

Mer 4 Avr - 00:10 (2012)
Sharon
Invité

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Message Amor, à mort ... Répondre en citant
La question d'Amidata la rassura. Elle n'était pas la seule à souffrir de cet ultime effort dans le froid. Son humeur s’améliora sensiblement.

Je ne sais pas mais ça ne devrait plus être très loin... J'espère...

Elle regardèrent un moment le Technovinking qui marchait devant, en prenant de plus en plus d'avance... Ou elles, de retard. Au moment où Elisabeth s’apprêtait à l'interpeller le plus aimablement possible, il s'arrêta et se retourna. Arrivées à sa hauteur, il ordonna une halte bienvenue pour tous. Après avoir bivouaqué, ils se remirent en route pour arriver en haut avant la tombée de la nuit.

Au bout d'une petite heure, le haut d'un mirador apparut derrière un contrefort rocheux. Et à mesure que le sentier s'élargissait sur un terre plein, le reste des fortifications émergea de la tempête. Plusieurs autres miradors garnissaient les crêtes du cratère, tandis que des pieux amoureusement enlacés par du fil barbelé rouillé décourageaient l'arrivée par des voies non-officielles.

Ils se mirent à longer les murs de pieux dans un silence presque religieux. Les Shangri-Lais observaient les remparts d'Eyjafjallajökull, et ils ne purent s'empêcher de sentir grandir en eux une certaine appréhension. Elisabeth s'arrêta, la main sur le ventre. La douleur de son point de côté lui ordonnait de reprendre calmement son souffle. Sidonie s'arrêta naturellement à quelques mètres d'elle, ce qui lui arracha un soupir exaspéré. Certains continuèrent leur route, encouragés par les hochement de tête de l'ancienne Administratrice : "C'est bon, je vais bien, j'arrive tout de suite, continuez d'avancer, on y est presque. Oui, emmenez le cheval avec vous... Il veut pas bouger ? Sale bestiole..."

Elisabeth finit par s'asseoir sur un rocher le long du mur de pieux. Son regard s'égara un moment en contre-bas. Après quelques dizaines de mètres, la paroi de la falaise disparaissait dans une brume nuageuse, donnant l'impression d'être sur le toit du monde. Puis quelque chose attira son attention parmi les pieux. Une forme étrange rompant avec la régularité de l'aménagement défensif. Comme hypnotisée ou mue par un mauvais pressentiment, Elisabeth se leva et se faufila un chemin entre les pieux jusqu'à elle, s’égratignant les jambes et déchirant sa jupe dans le fil barbelé.

Lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelque pas, son sang se glaça.

Un bras blanc semblait demander l'aumône. Elle tomba a genoux et écarta avec empressement la neige qui recouvrait le reste du corps. C'était une jeune femme à la chevelure cuivrée. Ses yeux vitreux semblaient avoir fixé quelque chose en contre-haut. Une odeur de tripes arrachées satura bientôt l'air, provocant aussitôt un haut-le-coeur chez la Shangri-Laise. Elle recula tremblante et se retrouva adossée à un pieu en bois... Elle essayait de respirer calmement, mais en vain.


T'inquiète pas vieille peau, tout va bien... Je gère la situation, tout va bien...


Dernière édition par Sharon le Mer 4 Avr - 23:55 (2012); édité 2 fois
Mer 4 Avr - 00:33 (2012)
John
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Message Amor, à mort ... Répondre en citant
Trop de responsabilités tue la responsabilité. Quelle idée de foncer voir un cadavre empalé sur un pieu alors qu'on n'est clairement pas habitués à en voir. Il s'approcha de la scène, jeta un oeil aux murailles et se tourna vers la fragile grand-mère.




Hé, tout va bien. Respire bien fort par la bouche, serre tes points très forts et tu les r'laches en pensant à la sensation qu'ça va t'faire dans les doigts et tu t'focalise là-dessus sans penser au reste.


Amidata ? 'Tention en venant, regarde pas derrière moi, pas joli à voir. Occupes-t-en steuplé, elle est en état de choc.


John s'approche du cadavre et commence à l'examiner. Encore assez frais, mort dans la semaine. Il prit le menton de la femme entre ses doigts et tourna sa tête de gauche à droite. Elle lui rappelait quelque chose. Il l'avait déjà vue auparavant. Elle et Carl semblaient être assez proches, ça l'étonnait qu'elle soit laissée ainsi sans décente sépulture. Il se retourna vers le groupe qui attendait plus loin.


Bernard, tu pourrais m'apporter une couverture et m'aider à la soulever ? J'sais pas c'qui s'est passé mais c'est louche, on va la ramener.


Avant même que l'un d'eux n'arrivent, il commence à mettre les doigts dans le trou béant pour l'écarter et décoincer tout ça.


Putain apportez-moi aussi d'l'alcool fort pour me désinfecter les mains après.
Mer 4 Avr - 00:53 (2012)
Bernard
Les irréductibles

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Message Amor, à mort ... Répondre en citant
Béber, ramène-moi ci ! Béber ramène-moi ça !
Combien de fois avait-il entendu cette phrase ?
Et combien de fois avait-il cédé aux demandes plus ou moins aimables de ses camarades ?

En grommelant quelques jurons inaudibles, Bernard réquisitionna la couverture d'un des shangri-lais qui regardait ailleurs. Il n'était pas question qu'il prête ses affaires. Pas pour envelopper une carcasse qui devait trainer là depuis des semaines. Il n'avait pas besoin de voir la scène pour deviner qu'ils avaient découvert un cadavre. Car que trouver aux abords du volcan sinon des cadavres ? Un crétin avait du tenter de s'enfuir. Ou peut-être avaient-ils balancé un esclave du haut de leur roche tarpéienne un soir trop arrosé. Quelle importance ? Il neigeait des cadavres ici. Il était temps que les derniers rescapés de shangri-la s'en rendent enfin compte et renoncent définitivement à l'idée de vouloir ranger toutes les dépouilles qui trainaient dans le coin. S'ils avaient connu Barter town et ses guirlandes de cadavres...

Bernard se fraya un chemin dans le champ de pieux impeccablement taillés, manquant plusieurs fois de se prendre les pieds dans les kilomètres de fils barbelés qui jonchaient le sol. Un pas de travers et il se retrouverait empêtré. Tout ça ne sentait pas bon. Bernard n'était pas particulièrement superstitieux, mais cet épisode était un mauvais présage de plus,
après le meurtre de Soviet. Son séjour au volcan allait mal finir, il ne parvenait pas à chasser ce puissant pressentiment.

Lorsqu'il arriva aux cotés de John et la vieille, il ne lâcha qu'un laconique mais sincère : "Quel gachi. Pauvre fille". Il n'avait plus vu de cadavre d'aussi prêt depuis des lunes. Et l'ambiance lugubre et hivernale, la jeunesse de la victime, la panique sourde de Lanthane, la drogue et le bout d'intestin givré pendu au bout du pieu eurent raison un court instant de son insensibilité forgée par des années de mauvaises fréquentations. Sans un mot, il couvrit le corps de Baya.
Mer 4 Avr - 23:37 (2012)
Amidata
Invité

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Message Amor, à mort ... Répondre en citant
Ben oui. J'espère aussi.

Répondit elle à Lanthane, avant que le guerrier viking ne se retourne pour ordonner une pause plus que bienvenue. Cette annonce soulagea la petite rasta qui l'espérait sans oser la demande, et remercia silencieusement le grand blond, par un sourire sincère.

La pause finit, le cortège reprit sa route sur le petit chemin enneigé et glissant. Elle avançait au rythme des pas du grand gaillard, restant à coté de Lanthane. Son regard oscillant entre l'ex administratrice de Shangri La, veillant sur la vieille femme, et là où allait se poser ses futurs pas, histoire d'être sur de ne pas glisser et débarouler au fond du précipice.

Quelques dizaines e minutes plus tard et les premiers mirador commencèrent à apparaître, au grand soulagement de la jeune femme. Enfin la séance de crapahute allait prendre fin. Enfin, ils allaient pouvoir se reposer un peu et dormir dans un semblant de vrai lit, espérait elle.

Lanthane semblait elle aussi fatiguer. Faut dire que malgré toute la volonté de ce petit bout de femme, c'était plus tout a fait de son age de marcher à ce rythme sur des pentes enneigées, et chargée comme elle l'était.

Quand elle s’arrêta pour reprendre son souffle, observant chacun de ses camarade d'un regard rassurant. Ami passa à ses cotés en lui souriant façon « Courage Grand Sista. C'est bientôt finit. »

Sans trop se soucier des fortifications qui l'entouraient, Ami continuait à avancer en direction des grandes portes de la cité volcanique, quand la voix à l'accent du nord de John l’interpella et lui demanda de le rejoindre.

Gnéé ? Ne pas regarder derrière lui ?? Mais pourquoi ?!?

Heuuu... Tout bien réfléchit, elle préférait ne pas connaître la réponse à cette question, vu l'état dans lequel se trouvait Lanthane.


Oui, oui. Je vais m'occuper d'elle, John.

Se faufilant à son tour entre les pieux et les fils barbelés. Sa couverture s'accrochant ça et là sur les différents obstacles, elle arriva à la hauteur de la vieille femme, en prenant soin de pas regarder à quoi le viking s'activait.

Elle se pencha pour passer le bras de Lanthane autour de ses épaules, pour la soutenir, et lentement la guida en dehors du champs de pieux et de barbelés, prenant bien soin de ne pas la blesser sur les différents obstacles, et se rapprocha d'un rocher qui émergeai de la neige.


Ça va Grand Sista ? Assis toi là le temps de reprendre ton souffle.

Lui dit elle en l'aidant à s'installer, avant de sortir sa gourde.

Tu veux un peu de flotte ?
Ven 6 Avr - 18:33 (2012)
Ombre
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L'ombre comme à son habitude restait sagement à sa place...Évitant de rayonner maladroitement, au risque d'attirer les regards indécents de ceux qui ont, depuis leur première fébrilité, développé cette infatigable capacité à analyser, à mesurer leur voisin potentiellement capable de leur rappeler cette délicatesse et si douloureuse...vulnérabilité

Cette dérangeante intimité qui, refoulée au plus profond de l'être, arrive à "presque" convaincre les plus humbles de devenir les plus terribles seigneurs sanguinaires, destinés aux plus grands avenirs, marquant à jamais la mémoire de cette fascinante aventure, que l'on s'évertuait encore à appeler "Humanité".

Presque...Presque oui, mais presque seulement. A en croire ce qui se dessinait sous ses yeux lourds, il lui restait encore de nombreux jours, à cette fébrile humanité, où tout son sens aurait encore à trouver sa place. Mais on y était presque, oui.

L'inévitable dénouement approchait chaque jour, mais sans pour autant libérer les liens qui maintenaient chacun à sa place respective, où doute et cruauté se confondait jusqu'à l'abnégation, convaincus comme nous le pouvions de ne pas être responsables d'avoir été ce que nous étions devenus, livrés à nous mêmes, acceptant d'être maladroitement guidés par ce menteur espoir, nous offrant toujours plus de rancune, envers notre impuissance mais surtout cette fichue fragilité...
Certains sentaient le besoin de se venger, et cela se comprenait sans mal, alors que curieusement, d'autres y étant arrivés semblaient être frappés par le remords d'y être arrivé...

L'ombre arpentait le sol, mesurant chaque pas, chaque respiration, chaque tremblement que sa peau émettait, mordue par le froid électrique qui les accueillant si généreusement sans compter, rappelant que le fait de souffrir nourrissait l'existence et le prix à payer d'avoir oser.

...

Tout était magnifique ici, le lieu était à l'échelle de son témoignage, sans âge. A cet endroit se côtoyait le début et la fin d'un monde, l'infatigable survie et la destruction.

L'ombre observait les réactions des uns et des autres, certains l'interpellaient, alors que d'autres semblaient le décevoir... indifférents à ce lieu sacré, alors qu'il méritait qu'on lui accorde bien plus de respect qu'il n'y paraissait.

...

Brusquement il dut s'arrêter, sans trop comprendre ce qui démotivait la dynamique, il observa les alentours jusqu'au moment où son regard se posa sur la carcasse rigide de ce qui semblait avoir été une femme...elle était là, plantée comme un trophée, entre ciel et terre, provocante...
Il jeta un coup d’œil à Lanthane, apparemment toujours sous l'emprise d'un de ses singuliers malaises, et lâcha à voix basse :



Et bien, c'est à croire qu'il serait pire que la mort que de vivre contre son gré...
Ven 6 Avr - 21:46 (2012)
Sharon
Invité

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Elisabeth se laissa emporter par Amidata. Elle avait l’impression d’étouffer. Une terreur profonde l’empêchait de penser, de réfléchir pour comprendre ce qu’il se passait. Pourquoi était-elle dans un tel état ? Ce n’était qu’un cadavre. Lanthane en avait vu plusieurs et en avait enterré un certain nombre, des proches ou non. Alors pourquoi tout à coup, elle perdait les pédales ? Elle ne connaissait pas cette femme. L’odeur ? Le sang ? Le froid ? La fatigue ?

Elisabeth s’assit mais elle fut incapable de répondre à la jeune rasta. Elle resta prostrée, luttant contre le chaos envahissant sa tête. Puis, alors qu’elle sentait la folie poindre, comme étant la seule issue valable, Lanthane fut là. D’un seul geste, elle balaya son esprit, comme si elle époussetait un meuble. Elle écrasa et confina la terreur d’Elisabeth. Et d’un air sévère, elle s’adressa à elle.


J’espère que vous comprenez aujourd’hui que je ne suis pas qu’une simple « usurpatrice » créée de toutes pièces. Je joue aussi le rôle de filtre, et peut-être même de garde-fou.

Elle soupira.

Cela a été vraiment pénible d’arriver à cette conclusion. Fort désagréable même. Mais je suppose qu’il vous a aussi été douloureux de vous rendre compte que l’on avait tenté de vous « effacer ». Aussi pouvons-nous dire que nous sommes quittes, n’est-ce pas ?

Continuant sur le ton de la conversation badine :

Quoiqu’il en soit, Mademoiselle Elisabeth Darrel, c’est le deuxième cadavre auquel vous êtes véritablement et entièrement confrontée. Vous souvenez-vous du premier ? Cela pourrait-être vous aider… Ou pas. Je vous laisse y réfléchir. En attendant, vous pouvez disposer, j’ai beaucoup à faire avec ce corps que vous haïssez tant…


Lanthane redressa la tête et croisa le regard inquiet de la jeune Shangri-Laise, qui lui tendait toujours sa gourde.

Je vous remercie, Mademoiselle Amidata, mais je n’en ai pas besoin.
Je vais bien maintenant.


Elle se releva, grimaça en sentant le sang perler des petites plaies sur ses mollets. Elle examina un moment sa jupe abimée, et parut contrariée. Enfin, elle s’adressa aux deux hommes qui s’affairaient autour du cadavre.

Monsieur John et Monsieur Bernard, vous seriez bien aimables d’atteler cette pauvre femme sur cette bestio… Sur Sidonie. Une fois que vous l’aurez désempalée bien sur…

Si certains n’étaient pas encore surs de ce qu’il se passait, c’était maintenant assez clair. Une fois le corps solidement amarré, Lanthane prit la tête du groupe, Sidonie encore une fois dans son sillage, pour avancer jusqu’à une rupture de quelques mètres dans les fortifications, faisant office d’entrée dans la communauté.

Chers Rescapés de Shangri-La… Nous y voilà !
Veuillez à garder vos mains bien en évidence, et loin de vos magnifiques arcs… Ce serait fâcheux qu’il y ait un malentendu, alors que nous sommes arrivés entiers jusqu’ici.


Une certaine ironie était perceptible dans ces consignes débitées à la manière d’un stewart.
Puis, se tournant vers le Technoviking :


Monsieur John, pouvons-nous compter sur vous pour annoncer notre arrivée aux autorités de la ville ?


Dernière édition par Sharon le Mer 11 Avr - 01:14 (2012); édité 1 fois
Mar 10 Avr - 19:41 (2012)
John
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Béber et John emmenèrent le corps recouvert du côté des Shangri-Lais. Ils les regardaient arriver avec la curiosité des gens qui veulent voir du sang sur les lieux d'un accident. Voyeurs !
Alors qu'ils se rapprochaient, ils commencèrent à se boucher le nez les uns après les autres. Ça n'était pas du corps frais, mais bien cuit il pourrait faire l'affaire pour son projet.


Lanthane prit la parole et une lueur d'incompréhension passa dans les yeux de l'homme. Elle avait changé de comportement du tout au tout en quelques minutes. Insensible, froide, sèche. Etrange, mais il ne s'en formalisa pas plus de ça, s'empressant d'attacher leur barda sur la selle de Sidonie.


Elle commença à débiter son discours. "Rangez vos arcs", la blague. Sans arme ou avec une M60 le degré de dangerosité du lieu était le même. Et Le grand blond ne se priva pas d'arborer fièrement son arme sur son torse, montrant son statut de grand guerrier. Il se dirigea vers là où il avait vu Carl pour la dernière fois avant de partir. Il voyait de nouvelles têtes qui l'examinaient. Et d'anciennes têtes qui le reconnaissaient difficilement. Il entra directement dans le bureau du Roi.


Carl ! J'suis content d'être arrivé, comment ça va depuis l'temps ?


Silence gêné, John avait avancé sa main pour serrer celle de son ancien compagnon. Peut-être était-il rentré trop vite pour se rendre compte à quel point il avait changé. De nouvelles rides, un air plus grave et sérieux qu'auparavant. Sans retirer son bras, il tenta une blague pour détendre l'atmosphère.


J't'amène une belle brochette de Shangri-Lais, y a une récompense pour ça ? Haha.
Mer 11 Avr - 00:23 (2012)
Carl
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Message Amor, à mort ... Répondre en citant
Le bon Roi lève la tête. Tellement détaché, tellement loin, tellement pas d'humeur aux retrouvailles.

John, te voilà. Mon ami, mythique guerrier du Nord.

Le môt brochette lui glaça le sang. Il n'avait pas encore eu le courage, ni l'envie de délivrer des défenses de la ville le corps sans vie de Baya. De sa Baya ... sa Baya.

Je ... puisqu'il le faut, je vais aller les accueillir comme il se doit. Mais tu sais ... ce n'est pas le jour. Si seulement vous aviez pu arriver quelques jours plus tôt, ou plus tard.


Il n'en dit pas plus, sans doute jamais d'ailleurs n'aurait il pu ajouter des mots pour décrire sa douleur. Il se leva, bien plus faible et mal assuré qu'à l'habitude. Et ses jambes manquèrent de se dérober sous son faible poids .
Il était livide. Sans doute avait il oublié de s'alimenter depuis la ... le départ qui le chagrinait tant. D'ailleurs, combien de temps s'était il passé depuis le tragique évènement. Il ne faisait que comptabiliser des marchandises entrant et sortant de la ville, des hommes, des morts, des kilos de viande et des rations de plantes antibiotiques.

Presque titubant, il se dirigeait vers ce bon vieux John, aussi solide qu'il était faible.


Ils sont nombreux à avoir survécu ?
Mer 11 Avr - 01:29 (2012)
John
Les irréductibles

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Message Amor, à mort ... Répondre en citant
(Bon je me bouge à répondre à tous mes rp en même temps, excusez-moi pour le retard, semaine assez chargée et pas trop la tête à ça)




Carl était bien diminué. L'ombre de l'homme qu'il avait été assurément. Il semblait cependant destiné à mourir de vieillesse plutôt que d'une blessure ou d'une maladie mortelle, protégé par les grandes murailles naturelles que formaient les parois du volcan.


Ils commencèrent à marcher en direction du spa, John étant prêt à retenir Carl au moindre signe de faiblesse. Il n'osait pas s'imposer directement pour le soutenir et il fallait dire que ça n'était pas tellement son genre d'habitude.


Bah pas énormément. Vous avez déjà vu Zkapt et sa clique. Maint'nant j'vais vous présenter Mamzelle Lanthane. Un sacré p'tit bout d'femme aussi. J'pense que vous pourriez bien vous entendre. Ils sont une dizaine. Y a aussi Bernard qu'est revenu, et Ak', qui a rejoint Brume.


Apercevant le groupe au loin.


Té, les voilà !
Sam 14 Avr - 19:25 (2012)
Sharon
Invité

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Message Amor, à mort ... Répondre en citant
Les Shangri-Lais n'attendirent pas bien longtemps. Lanthane avait juste eu le temps de refaire convenablement son chignon, Élisabeth faisait exprès de laisser de grandes mèches libres parce que "c'était plus joli".

L'ancienne Administratrice de Shangri-La hésita pendant quelques secondes à s'avancer jusqu'à eux. L'homme qui suivait John, et que celui-ci semblait couver du regard, n'avait pas l'air très en forme. Cela arracha un vague sourire à la Shangi-Laise, elle avait l'impression de se voir. Peut-être une sorte de malédiction universelle sur les dirigeants de communauté ?

Elle décida donc de s'avancer vers eux, toujours droite et raide. Après ce périple dans la montagne, elle n'était plus à quelques mètres près. Elle entendit aussitôt les sabots de Sidonie derrière elle. La jument lusitanienne gris pommelé n'avait pas l'intention de la lâcher, sûrement pour prévenir d'un éventuel attentat shangri-lais lors de cette rencontre.

Arrivée à leur niveau, Lanthane salua les deux hommes d'un hochement de tête marqué. Elle n'avait pas l'intention de perdre du temps en plus de protocoles.


Je suis Lanthane, actuelle représentante des Rescapés de Shangri-La avec Madame Zkapt.
C'est hum... moi qui vous ais récemment contacté par radio pour annoncer notre arrivée.


Elle portait un vieux chemiser blanc-gris qui lui montait jusqu'au coup et couvrait entièrement ses bras. De fines broderies de dentelles étaient parfois encore visibles. Une longue jupe droite et grise dissimulait ses jambes et presque des pieds. Elle ne devait pas dépasser les 1m60 et difficilement les 50 kg. Ses yeux semblaient décolorés, de la même couleur que sa jupe, et de nombreuses petites rides marquaient son visage sévère.

Derrière moi : Madame Amidata, Madame Zurvana, Madame Over, Monsieur l'Ombre et Monsieur Carlos. Il manque encore Monsieur Le Comptable, mais il devrait arriver dans quelques lunes.

Nous sommes soulagés et ravis de pouvoir profiter de votre hospitalité.


Il aurait fallu qu'elle affichât plus de cordialité pour rendre un peu plus sincères ses dernières paroles. Mais Lanthane ne pouvait pas entièrement dissimuler sa méfiance et son inquiétude.
Mer 18 Avr - 07:46 (2012)
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Message Amor, à mort ...

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